Il y a une semaine, deux clients s'en prenaient violemment à un chauffeur de taxi dans une ruelle d'Orvault. Moins d'une semaine plus tard, les policiers tiennent un suspect. C'est un gendarme
auxiliaire !
À l'heure des présentations, il a dû tomber des nues. Hier, moins d'une semaine après son agression, dans une ruelle tranquille du bourg d'Orvault (nos éditions de lundi), le chauffeur de taxi
braqué par deux clients était convoqué au commissariat central Waldeck-Rousseau, à Nantes. Motif : identification de l'un de ses agresseurs.
Derrière la vitre sans teint, au milieu d'autres visages, un suspect, interpellé jeudi à Guingamp, la vingtaine, parfaitement inconnu des services de police, mais très familier de la gendarmerie.
Et pour cause : le jeune homme est... gendarme auxiliaire de son état, en fonction à Lannion.
« Des armes, parce qu'à Nantes, ça craint »
En garde à vue, le suspect aurait reconnu les faits. Oui, il était dans cette Mercedes dans la nuit de samedi à dimanche dernier. Oui, lui et son copain avaient des pistolets d'alarme.
Pourquoi ? « Parce qu'on s'est dit que ça craignait à Nantes », aurait expliqué le gendarme pendant ses auditions. Cette nuit-là, le chauffeur de taxi
les avait pris en charge à la gare. Les deux hommes, en goguette, avaient, a priori, prévu de faire la fête. Au chauffeur, ils avaient indiqué une drôle d'adresse : celle de la rue du
docteur Leduc, à Orvault. « Une adresse qui ne s'invente pas », avait observé un policier. Qui ne s'invente pas et qui ressemble à l'endroit rêvé pour un vrai
traquenard.
Au fond de cette voie sans issue, à l'heure du terminus, les deux clients avaient sorti deux armes et tiré à deux reprises, brûlant légèrement la main et le blouson du chauffeur, qui avait
également essuyé un coup de crosse sur le crâne. Mais la victime, bien décidée à ne pas se laisser faire, avait réussi à mettre en fuite ses agresseurs. Quand les policiers avaient déboulé, ils
avaient fait une trouvaille très intéressante sur les sièges passagers : un sac, abandonné dans la précipitation par les clients, renfermant des cordes et « la panoplie du
parfait saucissonneur »...
Déféré ce matin
Les enquêteurs de la sûreté départementale attendaient beaucoup des analyses de la police technique et scientifique. Elles ont parlé. Quatre jours plus tard, grâce à ces résultats, les policiers
ont pu confondre leur suspect. Le jeune homme sera déféré ce samedi devant le juge. Le second client, lui, est toujours en fuite. Selon les policiers, les deux hommes avaient prévu de repartir
avec la Mercedes... Sur ce point, le gendarme auxiliaire n'aurait pas été très clair.
Anne-Hélène Dorison